
« L’expérience n’est pas ce qui arrive à l’homme, c’est ce que l’homme fait de ce qui lui arrive. » — Aldous Huxley
1. Introduction
Dans les TPE, la formation est souvent perçue comme une action formelle : un organisme, un programme, un budget, du temps hors production. Pourtant, dans la réalité du terrain, les compétences se développent en grande partie en dehors des formations formelles.
Faire monter en compétences sans former ne signifie pas renoncer à la formation, mais mobiliser intelligemment le quotidien de travail comme premier levier d’apprentissage.
2. Apprendre par l’observation guidée
La première source de montée en compétences est souvent sous-estimée : regarder faire un pair expérimenté.
À condition que cette observation soit guidée, commentée et suivie d’un échange, elle devient un véritable apprentissage.
Dans les TPE, cette pratique est naturelle. Elle gagne simplement à être rendue consciente et intentionnelle.
3. Débriefer systématiquement les situations clés
Chaque situation inhabituelle, erreur ou réussite est une opportunité d’apprentissage.
Un court débrief permet de transformer l’expérience en compétence.
Trois questions suffisent :
- Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Qu’est-ce qui a bien fonctionné ?
- Qu’est-ce que l’on ferait différemment ?
Ce temps d’échange ne prend que quelques minutes, mais son impact est durable.
4. S’appuyer sur la transmission informelle
Dans les TPE, les savoir-faire sont souvent détenus par quelques personnes clés.
Favoriser la transmission informelle — explications à chaud, démonstrations, échanges entre collègues — permet de sécuriser l’activité sans formalisation lourde.
L’enjeu n’est pas de tout écrire, mais de faire circuler les compétences critiques.
5. Donner de nouvelles responsabilités ciblées
La montée en compétences passe aussi par la prise de responsabilité progressive.
Confier une nouvelle tâche, même ponctuelle, oblige à apprendre, à s’adapter et à prendre du recul.
Cette stratégie est particulièrement efficace lorsqu’elle est accompagnée d’un soutien du dirigeant ou d’un pair.
6. Capitaliser sur les erreurs
L’erreur est souvent vécue comme un échec. Pourtant, elle constitue l’un des moteurs les plus puissants d’apprentissage.
À condition qu’elle soit analysée sans jugement.
En TPE, instaurer un climat où l’erreur devient une source d’amélioration collective renforce à la fois les compétences et la confiance.
7. Mettre en place des binômes temporaires
Travailler à deux sur une tâche permet d’apprendre en situation réelle.
Les binômes temporaires facilitent la transmission, la polyvalence et la compréhension globale de l’activité.
Cette approche limite également la dépendance à une seule personne.
8. Encourager la verbalisation du travail
Enfin, verbaliser ce que l’on fait, pourquoi on le fait et comment on le fait est un levier puissant de professionnalisation.
Expliquer son travail à un autre oblige à structurer sa pensée et consolide les acquis.
Cette pratique, simple et peu coûteuse, est au cœur des apprentissages durables.
9. Le quotidien comme premier outil de développement
Faire monter en compétences sans former, c’est reconnaître que le travail lui-même est un espace d’apprentissage.
Dans les TPE, cette approche permet de développer les compétences sans désorganiser l’activité, tout en valorisant les savoir-faire internes.
Ces stratégies du quotidien ne remplacent pas la formation formelle.
Elles la complètent, la préparent et la rendent plus efficace.
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🔗 Ressources complémentaires
Ministère du Travail – Rapport sur l’expérimentation AFEST
INRS – Démarche TutoPrév’ – Accueil / nouveaux embauchés – logique tutorat/transmission en situation de travail
